Guadeloupe. LKP 2011 : l’heure de vérité ?
Par Céline Nirin de notre partenaire Caraib Creole News
Pointe à Pitre. Vendredi 14 janvier 2011. CCN/LMD. Après un long silence, notre consœur « Le Mika déchainé » (LMD) renait (enfin) de ses cendres. C’est tant mieux, car son absence commençait à se faite sentir. La presse et l’opinion guadeloupéennes ont grand besoin de cette dimension critique, de cette impertinence nécessaire au débat. En titrant sur LKP et sur le devenir du « Lyannaj », LMD est pratiquement sûr de ne pas rater sa rentrée dans le paysage médiatique de la Guadeloupe. Ce numéro 29, qui paraît après une longue coupure mérite donc le détour chez votre vendeur de journaux habituel. Mi foto ay !
Le début d’année s’annonce chaud !!!… Oui, chaaaaaud, mais pas seulement à cause de la longue saison carnavalesque qui s’amorce. Non, c’est d’une autre chaleur dont on nous parle, celle qui vient de la rue, des masses mécontentes et prêtes à en découdre avec les pwofitans.
En effet, le 15 décembre, à la fin de deux journées de mobilisations mitigées, notre fulgurant Elie Domota, appelait avec véhémence « à prendre toutes les dispositions, je dis bien, toutes les dispositions nécessaires pour « déchouké » la pwofitasyon et tous ceux qui la soutiennent (sous-entendu « tous nos élus qui se soumettent bêtement et lâchement à l’Etat colonial français », dont « le principe fondateur n’est qu’aliénation et domination » !) (Intervention Elie Domota du 15-12-210 reportage UGTG sur le site ugtg.org)
Bref, « l’opération déchoukaj de la pwofitation » était lancée…
Mais deux ans après sa constitution, LKP est plus que jamais un objet politico-social non identifiable. Qui est-il, que veut-il, où va-t-il, où nous emmène-t-il ?
Que de questions, que d’interrogations !!! Mais alors, où diable, trouver des éléments de réponses ? Le Mika se propose d’aller au cœur des choses, d’aller chercher les réponses dans les écrits mêmes du LKP. Et, comme à son habitude, armé de son esprit perfide et de sa plume irrévérencieuse, il s’est plongé dans la très dense littérature LKPienne, élaborée à longueur de tracts, pour apporter un éclairage, son éclairage très mikayen…
LKP, qui est-il, que veut-il ?
Au départ le LKP se présentait comme une organisation émanant du peuple, issue d’un rassemblement de diverses organisations et associations. « Le LKP est notre construction, notre idée, notre outil, notre conscience. LKP c’est nous !!!», ou encore, « Le LKP c’est un rassemblement d’organisations, de jeunes, de femmes, d’hommes, de tous ceux qui, marchant ensemble veulent construire une nouvelle société en Guadeloupe ; société qui aura vocation à pourvoir à tous : nourriture, éducation, conscience, santé, logements, travail et respect, et ce, selon nos propres coutumes » (traduit du créole) (Tract des Revendications du LKP du 20-01-2009)
A première vue, un programme s’articulant autour de revendications sociales et consuméristes (les 200 € sont demandés « pour relancer le pouvoir d’achat et soutenir la consommation des produits guadeloupéens » selon le Tract des Revendications LKP), sans prétention politique. Mais, au fil des mois, petit à petit, subrepticement…, le LKP affirme des revendications clairement indépendantistes dans la lignée de celles ressassées depuis ces 50 dernières années par nos organisations nationalistes. Il se définit comme « un mouvement de masse anticolonialiste, anticapitaliste à caractère révolutionnaire visant à l’unification des forces politiques, économiques et sociales et à la transformation des rapports sociaux pour la satisfaction des revendications immédiates et fondamentales du peuple de Guadeloupe, telles qu’établies dans notre plate-forme de revendications de décembre 2008 ». (Tract LKP Konfyans pou demen du 10-09-2010) »
Alors reprenons mot à mot cette rhétorique marxienne utilisée par le LKP pour se définir :
-Mouvement de masse : il s’agit d’un mouvement ayant une base sociale (en l’occurrence les « nou » : les travailleurs, consommateurs et plus largement ceux qui s’estiment victimes des « yo », les pwofitans).
-Anticolonialiste : cela renvoie à un mouvement menant une lutte anticolonialiste, à savoir menant une lutte de libération nationale. Il est donc clairement affirmé l’objectif politique de mener une lutte pour l’indépendance de la Guadeloupe.
-Anticapitaliste : ici, est exposée la volonté de créer en Guadeloupe, une fois l’indépendance acquise, une société nouvelle, non capitaliste, c’est-à -dire socialiste (sans classes sociales).
-A caractère révolutionnaire : là , il est question des moyens employés pour parvenir à ces objectifs d’indépendance et de création d’une société socialiste. Le caractère révolutionnaire indique que la voie de la réforme est rejetée, on lui préfère la voie de la transformation radicale de la société par la prise de pouvoir (quels qu’en soient les moyens !). En tout cas, le moyen des
urnes n’est pas un moyen privilégié par le LKP, au regard de son positionnement antiélectoraliste pendant les dernières élections régionales.
-Visant à l’unification des forces politiques, économiques et sociales et à la transformation des rapports sociaux (…) : cette unification de toutes les forces du pays s’inscrit dans les objectifs à moyen terme du LKP. Elle est nécessaire pour la création d’un front commun contre le colonialisme sur une base nationaliste : unissons nos forces pour libérer la nation. Toutefois, la volonté de réaliser cet objectif ne doit pas faire oublier l’objectif qui consiste à court terme à lutter, au quotidien, pour la satisfaction de revendications visant à l’amélioration des conditions de vie et de travail. Dans son Tract Konfyans, le LKP parle de « la satisfaction des revendications immédiates et fondamentales du peuple de Guadeloupe telles qu’établies dans notre plate-forme de revendications de décembre 2008 ».
-La « satisfaction des revendications fondamentales » s’inscrit, elle, dans l’objectif à long terme. Elle est rendue possible par l’accession à l’indépendance et éventuellement par l’instauration d’une société socialiste si l’on se réfère aux prises de position anticapitalistes du LKP.
Mais, dans son Tract Opérasyon Déchoukaj du 15-12-2010, le LKP brouille quelque peu les pistes sur sa véritable identité. Les « ansam, ansam » du début se sont transformés en « le LKP et les organisations qui le composent ». Ainsi, le LKP se pense donc en entité différente des organisations qui le composent ! Y aurait-il le LKP, incarné par sa tête pensante Domota, et, bien à part, les autres organisations ? De quoi créer la confusion au sein des organisations politiques membres du LKP, inévitablement livrées à une lutte d’influence pour la maîtrise politique du mouvement. C’est sans doute la conscience du risque de perdre toute identité politique « dans ce panier à crabe idéologique », qui a poussé le parti communiste guadeloupéen à s’exclure du LKP : « Des nationalistes-syndicalistes (comprenez l’UGTG), usant d’un rapport de forces, aujourd’hui en leur faveur, stérilisent le LKP, (…) » (Tract du PCG du 3-10-2010 annonçant son départ du LKP)
Le talon d’Achille du LKP est cependant ailleurs. Ce qui a fait sa force révèle aujourd’hui sa faiblesse. Il a su mobiliser 44 jours durant des dizaines de milliers de personnes autour de son programme. De cette mobilisation, il a fait la base de sa légitimité. On peut reconnaître à la rue une forme de légitimité. Mais si le LKP par tous les moyens cherche aujourd’hui à se faire reconnaître comme un interlocuteur institutionnel aux yeux des autorités publiques, ce n’est qu’au prix de l’entretien du mythe de la mobilisation de 2009. Mais, en se mythifiant, le LKP devient une sorte de mystification, au niveau principalement de sa structure. D’une organisation de rassemblement, le LKP semble s’être transformé en bras politique de l’UGTG. Son porte-parole ne porte guère que la parole et l’idéologie du syndicat dont il est par ailleurs le secrétaire général (l’UGTG). Rappelons que l’objectif d’indépendance est distinctement exposé dans les statuts de l’UGTG. C’est un choix. Mais par voie de conséquence le discours du LKP s’est radicalisé et politisé. Dans ces conditions, on peut légitimement se demander si les associations corporatistes (agriculteurs, handicapés, protection de l’environnement, usagers et consommateurs) ou même les Verts qui font, encore partie à ce jour du LKP (alors qu’Harry Durimel a été élu sur la liste de Victorin Lurel, enfin bréfons), se reconnaissent dans les objectifs politiques ouvertement orientés vers l’indépendance de cette structure? La question mérite d’être posée!!!
Tout le monde fait semblant de ne rien voir, de ne rien comprendre. Il n’est pourtant pas certain que tous ceux qui marchent encore derrière le LKP partagent ses options politiques. Mais, chacun peut, lorsque cela peut s’avérer nécessaire, se revendiquer du LKP et l’instrumentaliser, à sa guise, selon ses intérêts (face à un patron retors, face aux institutions, face à son propriétaire ou autre pwofitan…) tout en jouant le jeu de la solidarité et de l’unité.
LKP, où va t-il, ou nous emmène t-il ?
A propos de la mort ou de la survie du LKP se développent sous nos yeux diverses stratégies
Ce conflit de légitimité rend le dialogue impossible entre les deux partis. Fidèle à sa logique, l’autorité préfectorale annonce nonchalamment qu’elle « ne souhaite pas rencontrer le LKP », malgré la réunion de plusieurs milliers de manifestants devant les grilles de la sous-préfecture (mobilisation du 14-12-2010).
La position des collectivités locales, Région et Département, est un peu plus nuancée, mais vise cependant le même but : ne pas institutionnaliser le LKP en tant qu’interlocuteur. Ainsi les présidents des conseils régional et général, répondent à Élie Domota en tant que porte-parole du LKP, mais indiquent être disposés à recevoir les syndicats sur des thèmes précis. (Courrier de réponse au LKP du 18-11-2010)
L’institutionnalisation de sa représentativité est pour le LKP un enjeu crucial. En ce sens, les mobilisations du 26 octobre et des 14 et 15 décembre 2010 se sont voulues une démonstration de force, autant politique que sociale, afin que le LKP soit reconnu comme une « Autorité » incontournable. Raviver ce qui peut l’être et tenter une grosse campagne « de com’ », pour janvier 2011, relève de la même préoccupation. Ce qui oblige le LKP à une surenchère permanente pour ramener ses troupes dans la rue.(…) « Après deux journées de mobilisation, les 14 et 15 décembre 2010 : (…) Nous sommes donc dans la même configuration qu’au mois de décembre 2008. Par le refus de la discussion, par le mépris constamment affirmé pour les légitimes préoccupations des larges masses, l’Etat colonial ne peut provoquer que colère et révolte.
(…)En conséquence, le LKP et les organisations qui la composent, appellent les Travailleurs et le Peuple de Guadeloupe à s’organiser et à se placer résolument dans la perspective d’un nouveau mouvement, beaucoup plus ample qu’en janvier 2009 et d’une portée décisive, mouvement renforcé par l’expérience acquise de nos deux années de lutte.
Il s’agira alors, et ce dès maintenant, pour l’Autorité LKP de construire : « l’opération déchoukaj de la pwofitasyon ». (Tract Opérasyon Déchoukaj du 15-12-2010)
Mais cela suffira t-il à raviver la flamme ? Le LKP est-il vraiment en mesure de mener les grands mouvements promis pour janvier 2011 ? Beaucoup en doutent…
Même ses proches interpellent le LKP sur ses limites stratégiques :
« (…) En continuant, tout en se proclamant mouvement de masse anticolonialiste, anticapitaliste, révolutionnaire, à ignorer la profonde déception de ceux qui ont lutté pour changer la situation et à ne pas mettre en place une stratégie claire prenant appui sur le possible, le LKP ne sert pas l’objectif d’unification.
(…) Mais, en l’absence d’une stratégie claire, élaborée collectivement, et d’une position transparente sur les voies et moyens pour atteindre les objectifs fixés démocratiquement, le Parti suspend sa participation à toutes instances de direction et d’exécution du LKP » (Tract du PCG du 3-10-2010 annonçant son départ du LKP)
Un peu de réalisme, un peu de cohérence, et plus de démocratie : voilà les vœux formulés par l’équipe du Mika au LKP. Car indépendamment de ses mystifications idéologiques, de ses fortes tendances à l’obscurantisme, le LKP n’est pas un simple accident de l’histoire. Il a su éveiller dans le cœur des Guadeloupéens une forme de conscience politique nouvelle, basée sur une volonté de mieux connaître notre réalité socio-économique et de mieux prendre part à la construction du pays. Les désillusions sont sans doute à mettre également au compte de nos contradictions et de nos ambigüités.
Céline Nirin










Le derÂnier jour de la retransÂmisÂsion des négoÂciaÂtions au WTC de Jarry,
C’était un mardi soir, Elie Domota dans un ultime bras de fer avec ses oppoÂsants, évoÂque le finanÂceÂment occulte de l’UMP par les grands grouÂpes Békés, le préÂfet de GuaÂdeÂloupe passe alors par touÂtes les couÂleurs imaÂgiÂnaÂbles, du rire jaune, au rouge de l’étoufÂfeÂment jusqu’à l’asphyxie vioÂlaÂcée, celui-ci annonce alors la fin de la retransÂmisÂsion téléÂviÂsée des débats, la fin des négoÂciaÂtions aura donc lieu à huit-clos loin des médias et du regard de la popuÂlaÂtion.
A l’évoÂcaÂtion de ces finanÂceÂments occulÂtes, le malaise est palÂpaÂble dans la salle, chez les repréÂsenÂtants de l’état, chez les élus comme chez les repréÂsenÂtants du patroÂnat. Elie Domota semÂble avoir fait mouÂche en touÂchant le nerf de la guerre, à savoir que le pouÂvoir n’est pas poliÂtiÂque, il est écoÂnoÂmiÂque et que l’on ne peut rien attenÂdre de la part des memÂbres du gouÂverÂneÂment et des élus dont les camÂpaÂgnes élecÂtoÂraÂles sont finanÂcées par de grands grouÂpes priÂvés et dont les intéÂrêts et aspiÂraÂtions ne sont plus ceux du peuÂple mais ceux de ces mêmes grouÂpes dont ils dépenÂdent, auquel s’ajouÂtent leurs proÂpres ambiÂtions carÂriéÂrisÂtes et écoÂnoÂmiÂques. Ces quelÂques phraÂses du leaÂder du LKP et plus encore les réacÂtions qu’elles ont susÂcité chez nos diriÂgeants démonÂtrent de manière indisÂcuÂtaÂble et aux yeux de tous, les conÂflits d’intéÂrêts qui régisÂsent le simuÂlaÂcre de démoÂcraÂtie dans laquelle nous vivons et expliÂque pourÂquoi les monoÂpoÂles qui étoufÂfent la GuaÂdeÂloupe, perÂduÂrent depuis si longÂtemps.
« ConÂflits d’intéÂrêts », Affaire BetÂtenÂcourt, MediaÂtor, chlorÂdéÂcone, dioxine, amiante … la liste est lonÂgue de ces scanÂdaÂles où l’intéÂrêt privé est priÂviÂléÂgié au détriÂment de l’intéÂrêt comÂmun ou pire encore de la santé publiÂque, et qui envaÂhisÂsent aujourd’hui nos médias.
Mais ne soyons pas dupe, ceci n’est que la parÂtie émerÂgée du giganÂtesÂque iceÂberg qui ganÂgrène notre société. Les finanÂceÂments occulÂtes ne relèÂvent pas du mécéÂnat poliÂtiÂque, quand un puisÂsant finance un diriÂgeant poliÂtiÂque, il invesÂtit une petite somme au regard des proÂfits qu’il engenÂdrera grâce aux exoÂnéÂraÂtions, proÂtecÂtion ou attriÂbuÂtion de marÂché et autres ponts d’or que les pouÂvoirs poliÂtiÂques ainsi corÂromÂpus, lui accorÂdeÂrons.
Nos sociéÂtés moderÂnes, nos états, en se laisÂsant corÂromÂpre à leurs têtes et en orgaÂniÂsant la fuite des capiÂtaux desÂtiÂnés à la consÂtrucÂtion de la nation, ce sont laisÂsées déposÂséÂder de leur souÂveÂraiÂneté. En regarÂdant l’hisÂtoire et sans aucune nosÂtalÂgie pour l’autoÂcraÂtie, nous consÂtaÂtons qu’avant la révoÂluÂtion indusÂtrielle, les pays foncÂtionÂnant sous régime monarÂchiÂque, posÂséÂdait une réelle souÂveÂraiÂneté, poliÂtiÂque, écoÂnoÂmiÂque, garanÂtie par leur diriÂgeant et si l’hisÂtoire nous monÂtre que bien peu de ces souÂveÂrains se sont monÂtrés bon et souÂcieux du bien-être de leur peuÂple, de cette époÂque, subÂsiste un seul mérite, la posÂsiÂbiÂlité pour le peuÂple de se souÂleÂver le moment venu conÂtre le resÂponÂsaÂble de leur serÂviÂtude, ce même monarÂque. Après l’avèÂneÂment de la révoÂluÂtion indusÂtriel et du capiÂtaÂlisme libéÂral, les états ont à force de corÂrupÂtion, perdu peu à peu leur puisÂsance écoÂnoÂmiÂque pour deveÂnir les pays surenÂdetÂtés que nous somÂmes aujourd’hui.
Les nouÂveaux souÂveÂrains, ces hyper-capiÂtaÂlisÂtes, ces rois de la finance sont deveÂnus apaÂtriÂdes, donc sans pays, sans peuÂples … sans foi ni loi pour la nation. Ces ponÂtes de l’écoÂnoÂmie et de la finance font la pluie et le beau temps sur l’échiÂquier interÂnaÂtioÂnal, ils créent des famiÂnes en spéÂcuÂlant sur les denÂrées aliÂmenÂtaiÂres et réaÂliÂsent des bénéÂfiÂces subÂstanÂtiels, alors que dans le même temps cette hausse des prix qu’ils ont proÂvoÂqué, engenÂdre la mort de milÂliers de pauÂvres qui ne peuÂvent plus acheÂter cette denÂrée deveÂnue trop chère. Ils salisÂsent et polÂluent ce berÂceau de l’humaÂnité qu’est la terre au nom du tout proÂfit.
Ils créent l’excluÂsion et la soufÂfrance, oubliant que le conÂsomÂmaÂteur, c’est d’abord le traÂvailleur, car ne nous voiÂlons pas la face, ceux qui réaÂliÂsent le chifÂfre d’affaiÂres de ces grands grouÂpes, ce ne sont pas ces diriÂgeants eux-même mais les 90% de gens modesÂtes qui achèÂtent leurs proÂduits, ce mêmes 90% de gens qui traÂvaillent et font foncÂtionÂner leurs entreÂpriÂses.
Nous avons perdu la maîÂtrise de notre desÂtin, en laisÂsant à d’autre le droit de déciÂder à notre place de ce qui est bon pour nous et nous consÂtaÂtons aujourd’hui avec trisÂtesse que les puisÂsants qui nous diriÂgent se sont monÂtrés incaÂpaÂble de consÂtruire le monde que nous souÂhaiÂtons pour nos enfants, scanÂdaÂles finanÂciers, écoÂloÂgiÂques ou de santé publiÂque, la liste est lonÂgue des dériÂves qui affecÂtent nos sociéÂtés, la proÂmesse d’un monde meilleur ne vienÂdra pas de ces diriÂgeants dont les choix sont dicÂtés par des intéÂrêts vils et égoïsÂtes et qui n’ont prouvé jusqu’ici que leur incomÂpéÂtence dans la consÂtrucÂtion d’une société plus juste.
Que faire pour que la voix popuÂlaire se reflète enfin dans les déciÂsions poliÂtiÂques et écoÂnoÂmiÂques ? Existe-il aujourd’hui des soluÂtions qui nous perÂmetÂtent de sorÂtir de cette impasse ?
Oui, les soluÂtions exisÂtent mais pour comÂprenÂdre quelÂles sont les orienÂtaÂtions à prenÂdre, il faut être consÂcient des mécaÂniÂques écoÂnoÂmiÂques de ces grands pôles finanÂciers et comÂprenÂdre leurs réacÂtions lorsÂque les voix popuÂlaiÂres tenÂtent de se faire entenÂdre et infléÂchir le desÂtin de nos sociéÂtés. Car il faut être réaÂliste, le mouÂveÂment du LKP dont la légiÂtiÂmité et les revenÂdiÂcaÂtions sont inconÂtesÂtaÂbles, n’ont pas fait poser le genou à terre aux grands grouÂpes et l’heure du bilan ne laisse pas entreÂvoir d’évoÂluÂtion posiÂtive. Posons-nous la quesÂtion de la sinÂcéÂrité des proÂmesÂses faiÂtes par les gouÂverÂnants, les indusÂtriels, lorsÂque par exemÂple, ils nous annonÂcent des baisÂses de tarifs, demanÂdons-nous si ces baisÂses sont effecÂtiÂves et pérenÂnes, et si l’embalÂlage de nos proÂduits n’a pas changé, le conÂtenu est-il le même ou baisse t-on la quaÂlité de nos proÂduits aliÂmenÂtaiÂres pour mainÂteÂnir les marÂges et préÂserÂver les bénéÂfiÂces des actionÂnaiÂres. LorsÂque l’on consÂtate que fin 2010, les entreÂpriÂses du CAC40 ont réaÂlisé plus de 40 milÂliard de diviÂdenÂdes pour leurs actionÂnaiÂres, on comÂprend que les plans de rigueur et d’ausÂtéÂrité annonÂcés ne conÂcerne pas ces actionÂnaiÂres qui à coup de déloÂcaÂliÂsaÂtion et d’augÂmenÂtaÂtion des prix proÂtèÂgent leurs intéÂrêts … et c’est une fois de plus à la popuÂlaÂtion qu’on demande de metÂtre la main à la poche.
Pour tenÂter d’étaÂblir une ébauÂche de soluÂtion, preÂnons en exemÂple le derÂnier coup de gueule d’ Eric CanÂtonna, on peut y étaÂblir un paralÂlèle avec les mouÂveÂments sociaux qu’ont connu la GuaÂdeÂloupe, en effet les motiÂvaÂtions de CanÂtonna sont touÂtes aussi légiÂtiÂmes que celÂles du LKP, à savoir, avoir une vision réaÂliste de la société, de ses proÂblèÂmes et l’envie de trouÂver des soluÂtions qui nous amèÂnent vers une société plus juste. La comÂpaÂraiÂson ne s’arrête pas là car si les bras de fer proÂpoÂsés par CanÂtonna ou le LKP sont légiÂtiÂmes par les dynaÂmiÂques qui les nourÂrisÂsent, ces bras de fer s’avèÂrent, on le consÂtate aujourd’hui, totaÂleÂment inefÂfiÂcaÂces et pour une raiÂson très simÂple, car ils ne créent pas de conÂtre-pouÂvoir. En effet, lorsqu’une épreuve de force est tenÂtée en direcÂtion des diriÂgeants écoÂnoÂmiÂques, ceux-ci réaÂgisÂsent par une poliÂtiÂque auto-proÂtecÂtionÂniste, en augÂmenÂtant les tarifs, en baisÂsant la quaÂlité des proÂduits mais pas leurs prix, en déloÂcaÂliÂsant les indusÂtries vers des pays dont la main d’œuvre bon marÂché est malÂléaÂble et corÂvéaÂble à merci, …
Les soluÂtions exisÂtent et M. CanÂtonna, même si sa proÂpoÂsiÂtion reste malaÂdroite, nous ouvre une piste à exploÂrer :
RetiÂrer son éparÂgne des banÂques pour le laisÂser chez soi, même si cette action s’avéÂreÂrait dans un preÂmier temps désÂtaÂbiÂliÂsante pour les banÂques, ne proÂvoÂqueÂrait que des réacÂtions proÂtecÂtionÂnisÂtes de leur part, à savoir comme cité préÂcéÂdemÂment, augÂmenÂtaÂtion des tarifs … et risÂqueÂrait d’affaiÂblir au final et une fois de plus les conÂsomÂmaÂteurs. Tout comme les actions du LKP, si elles devaient abouÂtir iniÂtiaÂleÂment sur situaÂtion plus juste, n’ont au final que fraÂgiÂlisé les petiÂtes entreÂpriÂses, la masse popuÂlaire et proÂvoÂqué une augÂmenÂtaÂtion supÂpléÂmenÂtaire du coup de la vie, et cela non pas à cause du LKP lui-même, mais à cause de la poliÂtiÂque des préÂserÂvaÂtions des marÂges actionÂnaÂriaÂles qui en a résulté et l’absence de volonté des diriÂgeants à supÂpriÂmer les monoÂpoÂles qui étoufÂfent la GuaÂdeÂloupe.
Pour espéÂrer voir bouÂger les choÂses, il est donc nécesÂsaire de créer un conÂtre-pouÂvoir écoÂnoÂmiÂque et non-plus poliÂtiÂque, les élus ayant démonÂtré leur limiÂtaÂtion à faire chanÂger la situaÂtion. Il faut donc créer un fond d’invesÂtisÂseÂment comÂmun, retiÂrer son éparÂgne, oui mais pour l’invesÂtir dans un proÂjet comÂmun et novaÂteur qui perÂmetÂtrait en outre de créer une entreÂprise d’import de denÂrée, des magaÂsins où seraient disÂtriÂbuées ces denÂrées, perÂmetÂtre égaÂleÂment l’accès de ces aliÂments aux comÂmerÂces de proxiÂmité, car il ne s’agit pas de metÂtre en danÂger la petite disÂtriÂbuÂtion. Une telle entreÂprise perÂmetÂtrait de faire baisÂser rapiÂdeÂment et de manière signiÂfiÂcaÂtive et duraÂble, les prix de l’aliÂmenÂtaire et par la conÂcurÂrence qu’elle créeÂrait, forÂceÂrait la grande disÂtriÂbuÂtion à revoir leurs marÂges de manière plus réaÂliste. Si un tel proÂjet est posÂsiÂble, existe-t-il un frein ou un bémol à sa mise en place ? En interÂroÂgeant des GuaÂdeÂlouÂpéens sur une telle soluÂtion, je me suis sysÂtéÂmaÂtiÂqueÂment heurté à la même réponse : « Les GuaÂdeÂlouÂpéens ne sont pas capaÂbles de se mobiÂliÂser, ils ne voient que leur proÂpres intéÂrêts, ils préÂfèÂrent être assisÂtés pluÂtôt que s’engaÂger … »
Je ne suis pour ma part pas d’accord avec ce consÂtat, je pense que le mouÂveÂment du LKP à démonÂtrer la forÂmiÂdaÂble capaÂcité du peuÂple à se mobiÂliÂser pour une même cause et se faire entenÂdre d’une même voix, la popuÂlaÂtion guaÂdeÂlouÂpéenne à démonÂtrer ainsi qu’elle posÂséÂdait la force de cohéÂsion et la matuÂrité nécesÂsaire pour reprenÂdre son desÂtin en main.
Mais pour obteÂnir une mobiÂliÂsaÂtion finanÂcière d’enverÂgure de la part de la popuÂlaÂtion, il est nécesÂsaire d’utiÂliÂser les mêmes armes que les indusÂtriels, c’est à dire obteÂnir le souÂtien de perÂsonÂnaÂliÂtés dans lesÂquels le peuÂple se reconÂnaît (artisÂtes, sporÂtifs de haut niveau), créer une camÂpaÂgne publiÂciÂtaire où ces mêmes perÂsonÂnaÂliÂtés préÂsenÂteÂrait l’intéÂrêt d’un tel invesÂtisÂseÂment, intéÂrêt qui est facile à démonÂtrer :
ImaÂgiÂnez que vous invesÂtisÂsiez 200 euros, si par la suite vous faiÂtes une écoÂnoÂmie de 50 euros tous les mois sur vos achats, votre invesÂtisÂseÂment est renÂtaÂbiÂlisé au bout de 4 mois, l’année suiÂvante vous aurez écoÂnoÂmisé 600 euros, 6000 euros sur les dix années qui suiÂvent, autant d’argent disÂpoÂniÂble pour sa maiÂson, les étuÂdes de ses enfants … Qui serait conÂtre une écoÂnoÂmie de 50 euros tous les mois et jusqu’à la fin de sa vie ? L’invesÂtisÂseÂment de départ semÂble bien dériÂsoire en vue des bénéÂfiÂces pour tous …
Bonjour,
Très intéressant ce petit mot. Surtout la dernière partie concernant la mise en oeuvre d’une société commmerciale Solidaire (200 € d’investissement….).
Est-ce juste une idée ou bien autre chose. En tout cas ma question est simple Comment puis-je m’investir dans ce projet afin qu’il puisse voire le jour (enfin peut être..)
Bien à vous.