Jules Hoffmann, nouveau Prix Nobel français de médecine

Le biologiste Jules Hoffmann a reçu le Prix Nobel de médecine © MAXPPP
Jules Hoffmann, nouveau Prix Nobel français de médecine
« Je n’étais pas sûr que ce domaine méritait un prix Nobel » et « je ne pensais pas que notre contribution attirerait autant l’attention », a réagi le biologiste français Jules Hoffmann, se disant plutôt « heureux » que « fier » d’être récompensé du prix Nobel de médecine 2011.
La semaine des Prix Nobel 2011, c’est parti ! Lundi, le comité réuni à Oslo a décerné le Prix de la médecine au français Jules Hoffmann, et également à l’américain Bruce Beutler et au canadien Ralph Steinman. Les trois chercheurs sont ainsi récompensés pour « leurs travaux sur le système immunitaire ». Ces études permettront d’imaginer de nouveaux traitements contre les déficiences immunitaires comme l’asthme ou la maladie de Crohn. Le jury complète par l’apparition possible d’autres « thérapies contre les cancers ».
Mardi, le Prix de la physique revient également à trois hommes. Les astrophysiciens américains Saul Perlmutter, Brian Schmidt et Adam Riess raflent la statuette « pour la découverte de l’expansion accélérée de l’Univers ». En étudiant un type particulier de supernova, les chercheurs ont constaté que « plus de cinquante supernova éloignées ont une lumière plus faible que prévue. C’est un signe que l’expansion de l’Univers était en accélération » et qu’il se terminera dans la glace.
La semaine se poursuit par le Prix de la chimie mercredi, de la littérature jeudi, de la paix vendredi et de l’économie le 10 octobre. A noter que les Prix seront officiellement remis à Stockholm le 10 décembre prochain.
JULES HOFFMAN :
A 70 ans, ce père de deux enfants vient de recevoir la médaille d’or du CNRS, une des plus hautes distinctions scientifiques françaises. Ayant déjà reçu ces derniers mois les prestigieux prix Keyo de médecine, prix Gairdner en sciences médicales et le prix Shaw en sciences du vivant et médecine. « Je ne prend pas ce prix pour moi pour l’instant. Je suis très content que le comité Nobel ait choisi ce groupe-là, des gens qui s’entendent bien ; ce sont les travaux de ces trois groupes qui ont permis une meilleure compréhension de l’immunité innée ».
Jules Hoffmann est né au Luxembourg, le 2 août 1941. Son père, enseignant de sciences naturelles et collectionneur d’insectes à ses temps perdus, lui a communiqué sa passion. Dans une brève autobiographie, il raconte que, sur les conseils du Professeur Pierre Joly qui l’avait accueilli dans son laboratoire du CNRS à Strasbourg, il a « décidé de demeurer dans le système universitaire français et de demander la nationalité française ». Il l’a obtenue en 1970, perdant ainsi sa nationalité luxembourgeoise, et n’a « jamais regretté » ce choix, malgré un « conflit » entre ses « intérêts scientifiques et les sentiments familiaux ».
MOUCHE DU VINAIGRE
Dans les années 1970, Jules Hoffmann a créé le laboratoire Réponse immunitaire et développement chez les insectes, installé à l’institut de biologie moléculaire et cellulaire du CNRS, à Strasbourg, qu’il a dirigé de 1994 à 2006.
Après des premiers travaux sur les sauterelles, c’est chez la drosophile ou « mouche du vinaigre » que le biologiste analyse les réponses antimicrobiennes des insectes, permettant des avancées pour la compréhension des mécanismes chez les mammifères, homme compris, à une époque où « personne ne faisait ce type d’études au plan mondial ».
« Les insectes se défendent remarquablement bien contre les infections, notamment par la production de puissants peptides [petites protéines] à large spectre d’activité contre les bactéries et les champignons », a-t-il expliqué devant l’Académie française des sciences, quand il l’a présidée, de 2006 à 2008.
Considérée maintenant comme une première ligne de défense indispensable avant l’apparition d’anticorps, l’immunité innée faisait alors figure de système « subalterne ». On connaissait les phagocytes, des globules blancs avaleurs de bactéries, mais « on ne s’attendait pas à ce que cela soit aussi complexe ».
L’immunité innée est une « défense immédiate et générale, sans viser spécifiquement un germe infectieux ni mémoriser son identité », explique Jules Hoffmann, qui a découvert en 1996 le récepteur Toll. Capable d’identifier un agent pathogène, il intervient aussi dans l’activation de l’immunité adaptative ou spécifique, le deuxième type de réponse immunitaire entraînant la production d’anticorps.
« C’est une personnalité chaleureuse. Il a un pouvoir de communication extraordinaire », selon son collègue Charles Hétru, tandis que Jean-François Bach, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences et professeur d’immunologie, le décrit comme « élégant, bon vivant, chaleureux, mais en même temps un peu austère », et passionné de randonnée en montagne.
Les félicitations de Xavier Bertrand et Nora Berra
Le ministre de la santé, Xavier Bertrand, et la secrétaire d’Etat Nora Berra ont salué les travaux de Jules Hoffmann, en collaboration avec l’Américain Bruce Beutler et le Canadien Ralph Steinmann, qui« ont permis de réelles avancées en matière de développement de la prévention et de thérapies contre les infections, les cancers et les maladies inflammatoires ». « Après le prix Nobel reçu en 2008 par Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, les ministres considèrent que cette nouvelle distinction témoigne du dynamisme et de la qualité de la recherche française en médecine », ajoute leur communiqué.
Sources diverses…










BRAVO á tout ces chercheurs qui ne comptent pas les heures de travail pour faire avancer les recherches dans tout les domaines, ces hommes et femmes se fonnent au maximun pour nous tous. MERCI